Cinquante-cinq mille personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans l’archipel des Iles-du-Vent, des inégalités frappantes sont observées.
Le passage à la caisse lors des courses alimentaires est douloureux pour de nombreux Polynésiens © RFO
Les chiffres sont alarmants. 28% de la population de l’archipel (soit 75% de la population polynésienne) vit sous le seuil de pauvreté établi à 408 euros par unité de consommation.
Ils ont été révélés par une enquête menée au cours de l’été 2009 par Javier Herrera (IRD/Université Dauphine) et Sébastien Merceron, statisticien à l’INSEE, pour le compte de l’Agence Française de Développement.
Ca chiffre semble en constate augmentation. Il était de 19,7% en 2009, et de 18% en 2001.
Mauvaise répartition des richesses
Mais l’étude démontre aussi de fortes inégalités entre les Polynésiens. 20% des ménages les plus riches captent ainsi près de la moitié des revenus totaux du territoire alors que les foyers les plus pauvres, eux, ne perçoivent que 6% de cette manne.
« Le niveau des inégalités en Polynésie est comparable à celui de pays latino-américains réputés à fortes inégalités. Il est bien supérieur à celui constaté en Métropole » , explique Sébastien Merceron a RFO Polynésie.
Le statisticien y voit plusieurs raisons : « Il n’y pas d’impôt sur le revenu, rappelle-t-il. D’autre part, le poids des revenus des plus pauvres dans les prestations sociales est extrêmement bas. »
Pour Javier Herrera, ces inégalités se traduisent par des violences, des problèmes de "cohésion sociale" et "d’énormes inégalités de distribution du patrimoine. " "Il y a une grosse partie des prestations sociales qui ne vont pas vers ceux qui en ont le plus besoin ", a-t-il dit.
Selon les deux chercheurs, les trois quarts de ces aides sont en effet perçues par "des ménages non pauvres".
Education
Les auteurs de l’étude notent un frein majeur à l’ascension sociale : « Beaucoup plus que dans d’autres pays dans lesquels nous avons fait des études, l’éducation en Polynésie est un rempart contre la pauvreté, rappelle Javier Herrera, sur le plateau de RFO Polynésie.
En outre, le "ciblage" des prestations existantes "est loin d’être efficace", explique-t-il avant de préciser le contexte de ralentissement économique que connait la Polynésie depuis une dizaine d’années.
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