Actualités - NUCLEAIRE

Publié le 19/01/2012 | 11:58

Loi sur la rétrocession des atolls

Par La1ere.fr

L’atoll de Mururoa, en Polynésie © AFP Le Sénat a adopté mercredi soir une proposition de loi sur le suivi des conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie française dont le point principal est la rétrocession à cette collectivité des atolls de Moruroa et Fangataufa.

La proposition de loi, portée par le sénateur polynésien Richard Tuheiava (apparenté PS), a été votée par les groupes de la majorité de gauche (PS, EELV, CRC et RDSE). Le groupe UMP a voté contre et les centristes de l’UCR se sont abstenus.

Ce texte doit encore être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée pour poursuivre son parcours parlementaire, hypothèse improbable vu l’opposition franche de l’actuel gouvernement.

Il prévoit que la Polynésie recouvre la possession des atolls au 1er janvier 2014, mais que l’Etat continue d’en assurer la sécurité et la surveillance radiologique et géo-mécanique. Il permet également une information plus transparente sur les expertises menées sur ces lieux.

M. Tuheiava a déployé avec emphase son argumentaire : « Nous sommes passés à quelques millimètres d’un crime contre l’humanité, quand à 20.000 km, une grande nation se développait grâce à une énergie en partie due aux expérimentations menées loin, là bas, en Polynésie. »

"Décharges à ciel ouvert"

« Moruroa et Fangataufa sont les deux plus grandes décharges à ciel ouvert en milieu océanique mais ces deux enfants souillés malgré eux doivent être réintégrés à la table du dîner familial », a lancé le sénateur, n’hésitant pas à brandir un caillou de Moruroa à la tribune, en proposant au ministre de la Défense de le lui offrir « pour qu’il le mette sous l’oreiller d’un être cher ».

Gérard Longuet a, lui, insisté sur « les informations que recèlent ces atolls que nous n’avons pas l’intention de mettre à disposition d’acteurs malveillants », parlant d’un devoir de garantir la sécurité des lieux aux yeux du monde pour éviter toute prolifération nucléaire.

« La meilleure garantie pour la Polynésie est que ces atolls reste sous la tutelle régalienne de l’Etat », a insisté le ministre de la Défense, ajoutant que « pour être d’une région de charbon, le charbon a créé beaucoup plus de dégâts que le nucléaire ».

M. Longuet a tenté de donner des gages sur le volet sanitaire - non débattu dans ce texte - assurant que le décret d’application de la loi Morin de 2010 prévoyant d’indemniser les victimes des essais nucléaires français était en cours d’arbitrage interministériel sans donner de date de publication. En effet, peu de Polynésiens ont pu présenter un dossier compte tenu des conditions très restrictives du texte en vigueur.

Jean-Claude Lenoir (UMP) a tenté de s’opposer sur le terrain juridique, rappelant que les deux atolls étaient du domaine militaire et que leur cas ne pouvait se régler par une proposition de loi.

Mais ces arguments n’ont pas fait le poids face au bloc de la nouvelle majorité de gauche sénatoriale, les écologistes étant trop heureux de pouvoir parler de résilience sur cette question du nucléaire, rappelant la tragédie du bateau de Greenpeace, coulé sous les ordres de François Mitterrand.

JT en vidéo

Radio POLYNESIE

Dossier

Législatives en Outre-mer

Dossiers - Infos, analyses, vidéos, résultats...

Hier - 12:25

Législatives en Outre-mer

>> Tous les dossiers